

Des habitudes anodines peuvent avoir de graves conséquences sur la santé, et un homme australien en a fait l’expérience. Andy Wislon, âgé de 53 ans, a confié a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le 5 mars 2023. Dans les colonnes du Sun, le 22 mars 2023, il révèle que cet AVC est dû à sa manie de faire craquer son cou quotidiennement.
Un geste quotidien déclencheur
L’Australien explique au journal britannique souffrir de problèmes de dos depuis ses 12 ans. Il a consulté plusieurs ostéopathes, mais faute de pouvoir financer un traitement, il a décidé de se soigner par lui-même, en imitant les gestes qu’il avait pu voir. « Ils faisaient tous cet ajustement du cou. Je détendais mes muscles et tordais ma tête d’un côté à l’autre. C’était une habitude inconsciente comme faire craquer mes articulations, je le faisais au moins une ou deux fois par jour », confie-t-il.
Ce geste, Andy Wilson affirme l’avoir fait quotidiennement pendant près de 40 ans. Jusqu’au 5 mars 2023, jour où le quinquagénaire commence à ressentir des symptômes d’un AVC. « D’un coup, tout ce que j’entendais ressemblait à un gargouillement numérique. C’était très étrange ». L’homme décrit également des sensations « anormales » au niveau des membres : « J’ai pris ma main, elle a commencé à s’agiter toute seule. » Face à des sensations « douloureuses et écrasantes », il appelle son oncle, avec qui il partage son domicile, à l’aide. Ensemble, ils attendent l’arrivée des secours, quand l’Australien commence à transpirer abondamment, à vomir du sang, et à perdre la vue : « Une partie de ma vision gauche des deux côtés a commencé à disparaître. C’était la chose la plus étrange. Ce n’était pas un côté, c’était la moitié des deux yeux. »
Un AVC déclenché par une accumulation de calcium
Pris en charge par les ambulanciers, qui pensent d’abord avoir affaire à un homme ivre sous l’emprise de la drogue, les médecins réalisent qu’il est en réalité en train de faire un AVC. Andy Wilson passera deux jours en soins intensifs avant de rejoindre le service de récupération des traumatismes, avant de découvrir la source de ses maux. « Lorsque j’ai expliqué à mon médecin que je faisais craquer mon cou, il était horrifié et m’a dit de ne plus jamais faire ça », explique le quinquagénaire. « La combinaison des ajustements du cou et de ma blessure au dos a provoqué une accumulation de calcium dans ma colonne vertébrale. Cela a provoqué la rupture de mon artère droite, entraînant trois caillots cérébraux et un AVC dans la région occipitale de mon cerveau.
Finalement, l’AVC d’Andy Wilson n’a pas laissé de séquelles à l’Australien, qui a pu rentrer chez lui, bien décidé à se débarrasser de son habitude de faire craquer son cou.
AVC : ces signes avant-coureurs qui doivent alerter

Chaque année, 150 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), et 30 000 en décèdent, alerte le Ministère de la Santé.
D’après les données de l’Inserm, l’accident vasculaire cérébral (AVC) est la deuxième cause de mortalité en France et la première chez la femme. Chaque année, 140 000 personnes sont victimes de cette attaque au niveau du cerveau, soit 1 personne toutes les 4 minutes.
Qu’est-ce qu’un AVC ?
Un accident vasculaire cérébral – AVC, ou attaque cérébrale, résulte de la rupture ou de l’obstruction d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.
Quels sont les deux types d’accidents vasculaires cérébraux ?
- L’AVC ischémique, ou infarctus cérébral, qui représente 80 à 85% des cas. Ce type d’AVC peut être provoqué par la rupture d’une plaque d’athérome (on l’appelle thrombose cérébrale), ou par un caillot de sang qui obstrue l’artère. On l’appelle alors embolie cérébrale.
- L’AVC hémorragique, qui représente 15 à 20% des cas, est provoqué par la rupture d’une artère cérébrale, on l’appelle rupture d’anévrisme.
Il existe aussi de courtes attaques appelées accidents ischémiques transitoires (AIT). L’obstruction d’une artère cérébrale ne dure que quelque minutes et se débouche seule. Les symptômes seront les mêmes que pour un AVC. Mais ces épisodes doivent être pris au sérieux puisque le risque d’AVC après un AIT est de 5% dans les 48 heures et 10% dans le mois. Pour le neurologue Francis Vuillement, si ces AIT ne provoquent pas de dégâts, « ce sont d’authentiques attaques » qu’il faut prendre en compte.
Qu’est-ce qui provoque un AVC ?
Un AVC peut être provoqué par de multiples facteurs physiques, comme l’obésité abdominale – provoque une augmentation d’acides gras dans le sang qui sont toxiques pour les organes – responsable de 36% des AVC, le cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle – qui est responsable de 40% des risques d’AVC – la sédentarité, ou encore la fibrillation atriale ou auriculaire (fréquence cardiaque irrégulière et très rapide).
Si l’institution précise que l’âge moyen des victimes d’AVC est de 74 ans, nul n’est à l’abri de cet arrêt brutal de la circulation sanguine à l’intérieur du cerveau. Alors que les séquelles de ceux qui lui survivent sont lourdes (un AVC opère une perte totale ou partielle de nombreuses fonctions du cerveau), des scientifiques arguent que des symptômes antérieurs, comme la paralysie d’un côte du corps, l’aphasie, les troubles de l’équilibre et les maux de tête brutaux pourraient pourtant permettre d’anticiper l’AVC un mois plus tôt.
Mais selon une étude publiée en juillet 2021 dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry, d’autres signes avant-coureurs moins connus seraient perceptibles de prévenir un accident vasculaire cérébral, jusqu’à 10 ans avant une crise.
« Une accumulation de dommages inter-cérébraux des années avant l’attaque »
Entre 1990 et 2016, près de 15000 personnes ont été examinées par les chercheurs de l’Université Erasmus MC de Rotterdam (Pays-Bas), à travers un panel de tests physiques et psychiques (portant sur l’équilibre, la mémoire, le raisonnement, la rapidité ou la dextérité).
Au cours de l’étude, 1662 de ces personnes ont été victimes d’un AVC, l’âge moyen de la crise était de 80 ans. Un point commun les reliait : leurs troubles de la mémoire, distingués en moyenne dix ans auparavant.
Mais ce n’est pas tout. Près de trois ans avant leur décès, la plupart des victimes avaient déclaré des difficultés à opérer des tâches de la vie courante, comme s’habiller, se laver ou cuisiner.
« Le déclin cognitif accéléré et la difficulté à réaliser ces tâches avant l’accident suggèrent que les individus avec un risque d’AVC souffrent d’une accumulation de dommages inter-cérébraux des années avant l’attaque« , a expliqué l’autrice de l’étude, le Dr Alis Heshmatollah, dans un article du Daily Mail.
eurs prédisposants à connaître
Comme le rappelle l’Assurance maladie, l’AVC peut parfois être évité en éliminant un maximum de « facteurs de risques ».
Parmi les recommandations de l’institution figurent l’adoption d’un mode de vie sain, la perte de poids en cas d’obésité, le contrôle de sa pression artérielle, du cholestérol, du diabète et la réduction du stress et de la consommation d’alcool peuvent agir sur la santé cardiovasculaire.
D’après le Ministère de la santé français, le tabagisme, “triple le risque d’AVC”, une “alimentation non équilibrée contribue à hauteur de 33%” au risque d’infarctus cérébral, et “40%” pour l’hypertension artérielle.




