Culture & Art

L’Architecture Ancestrale de Najran : Un Joyau de Patrimoine au Croisement de la Tradition et de la Modernité

Dans le cadre de l’évolution de l’architecture dans la région de Najran, édifiée par les mains de ses bâtisseurs utilisant des méthodes artisanales et des matériaux locaux, un récit fascinant s’est tissé, honorant le passé tout en regardant vers l’avenir. Cela s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à préserver le patrimoine sous toutes ses formes, y compris le patrimoine architectural authentique à travers les âges. Ce voyage où tradition et modernité se rejoignent s’illustre notamment avec des projets de villes futuristes comme Neom et Qiddiya, qui privilégient la durabilité et fusionnent technologie et nature pour créer un environnement unique.

بيوت وقصور الطين في نجران.. فن العمارة التراثية وأصالة التاريخ

Le patrimoine architectural de Najran conserve encore aujourd’hui son caractère distinctif et varié, que ce soit par ses formes, ses appellations ou ses techniques de construction. Les maisons en terre crue en sont un exemple marquant, offrant des solutions architecturales adaptées aux conditions environnementales locales. Ces constructions s’harmonisent avec les besoins individuels et communautaires, en tenant compte des traditions et coutumes profondément ancrées dans l’histoire. La ville ancienne de Najran constitue ainsi l’un des principaux trésors architecturaux et culturels de la péninsule arabique, avec ses sites historiques comprenant des châteaux, palais et maisons traditionnelles, témoins d’un patrimoine vieux de plus de trois siècles.

 من البيوت الطينية بنجران (مكة)

La structure et les styles de construction uniques à Najran

Selon le Dr. Abdulrahman Al-Majada’a, professeur adjoint en design urbain à l’Université de Najran, les maisons traditionnelles de Najran privilégient une construction verticale plutôt qu’horizontale. La superficie bâtie n’excède généralement pas 100 m², laissant le reste du terrain à des espaces ouverts pour l’élevage, le stockage ou les activités estivales. Ces maisons en terre se distinguent par leur simplicité, leur beauté et leur cohérence, tout en adoptant une approche différente de celle des anciennes villes islamiques. Contrairement à ces dernières, conçues comme des ensembles unifiés autour de la mosquée, du marché et des palais, Najran ancienne se composait de hameaux entourés de fermes, sans murs de protection, reflétant un sentiment de sécurité et de cohésion sociale.

Les maisons traditionnelles de Najran sont classées en cinq styles principaux :

  1. La « Qasba » : Située au cœur des villages, cette structure circulaire, semblable à une tour de guet, servait à surveiller les champs agricoles.
  2. Le « Darab » : L’un des styles les plus répandus, comprenant jusqu’à sept étages.
  3. Le « Mushawlaq » : En forme de U ou de L, avec des pièces orientées vers l’entrée principale et deux ou trois étages.
  4. Le « Mourabba » : Une maison cubique variant entre un et trois étages.
  5. Le « Moqaddam » : Style plus modeste, avec une seule pièce et un toit.

L’esthétique et les éléments décoratifs

Les éléments décoratifs jouent un rôle important dans l’embellissement des maisons. Les bandes horizontales décoratives, atteignant parfois 80 cm de largeur, ornent les parties supérieures des bâtiments. Des arcs évidés et des encadrements en gypse blanc autour des fenêtres et des portes ajoutent une touche d’élégance. Les façades prennent une couleur naturelle correspondant aux matériaux locaux, comme le bois, le gypse blanc et l’argile, tandis que la répartition des fenêtres crée un rythme visuel harmonieux.

Restauration et préservation du patrimoine

Selon Nasser Airan, un expert en restauration des maisons en terre à Najran, l’intérêt des habitants pour la réhabilitation de leurs habitations traditionnelles ne cesse de croître. Ce regain s’explique par leur attachement au patrimoine et par l’impact esthétique de ces maisons sur les villages environnants. En outre, ces maisons, occupant de petites surfaces, ne se prêtent pas à un partage entre héritiers, rendant leur restauration plus avantageuse. La Commission du patrimoine contribue à cet effort en documentant les ressources patrimoniales dans un registre national, facilitant l’accès des chercheurs et spécialistes.

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Les techniques de construction traditionnelles

La construction des maisons en terre commence par une première phase appelée « Wathr », suivie de l’ajout d’une rangée horizontale de pierres, appelée « Madmak ». Cette étape varie selon les saisons : en hiver, elle prend deux à trois jours pour sécher, tandis qu’en été, une seule journée suffit. Le toit est ensuite constitué de troncs de palmiers, de leurs feuilles et d’essences locales comme le Sidr ou le Tamarix. Enfin, des techniques comme le « Qudad » et le « Tasif » (enduits d’argile et chaux) complètent le processus, consolidant la structure tout en respectant les savoir-faire ancestraux.

 

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