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Une étude quantifie la capacité de stockage du carbone de 10 milliards d’arbres en Afrique subsaharienne

Une base de données de près de 10 milliards d’arbres situés dans les zones arides africaines a été compilée. Elle permet d’estimer la biomasse, mais aussi les stocks de carbone de ces régions et pourrait contribuer à améliorer les modèles sur les effets du dérèglement climatique.

Une de l’édition datée du 2 mars 2023 de “Nature”.
Une de l’édition datée du 2 mars 2023 de “Nature”. NATURE

Des arbres épars sur un sol jaune ocre s’affichent à la une de l’édition datée du 2 mars de Nature. Ils poussent dans les zones arides d’Afrique subsaharienne, où ils fournissent des services écosystémiques essentiels tant pour l’environnement que pour la population locale. Comme ailleurs, ils jouent un rôle important dans le cycle du carbone en absorbant le CO2 de l’air, puis en séparant le carbone (C) – alors stocké dans les racines, le tronc, les branches, les feuilles – de l’oxygène (O2). Mais leur dispersion sur de grandes étendues les rend particulièrement difficiles à étudier.

Si ces arbres à l’allure presque chétive sont à l’honneur de la revue scientifique cette semaine, c’est pour illustrer des travaux parus le 1er mars, au moment où s’ouvrait au Gabon le One Forest Summit, le sommet sur la préservation et la gestion durable des forêts tropicales. Cette étude est la première du genre à évaluer la quantité de carbone stockée en dehors des forêts tropicales denses du continent africain.

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En analysant les caractéristiques de près de 10 milliards d’arbres dans la région africaine semi-aride au nord de l’équateur, les chercheurs ont évalué à 0,84 milliard de tonnes la quantité de carbone stockée. À titre de comparaison, les quantités stockées par la forêt en France métropolitaine représentent 2,4 milliards de tonnes, précise le site de l’Inrae, l’institut français de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, qui a participé aux travaux. Dans un communiqué, la Nasa, également partenaire du projet, précise :

“Les chercheurs ont découvert qu’il y avait beaucoup plus d’arbres répartis dans les régions semi-arides d’Afrique qu’on ne le pensait, mais qu’ils stockaient également moins de carbone que certains modèles ne l’avaient prédit.”

Pour réaliser cet inventaire détaillé, les chercheurs se sont appuyés sur un programme d’intelligence artificielle qui a scanné plus de 300 000 images en haute résolution acquises par satellite et couvrant une superficie de près de 10 millions de kilomètres carrés.

Des données accessibles gratuitement

À partir d’une méthodologie innovante, ils ont pu estimer la quantité de carbone stockée dans le feuillage, le bois et les racines de chaque arbre. “Après avoir divisé les terres arides en quatre zones en fonction des précipitations annuelles, ils ont constaté que les arbres stockaient 51 kilogrammes de carbone dans les régions les plus sèches, et jusqu’à 98 kilogrammes là où les précipitations étaient les plus importantes”, détaille Nature.

L’équipe a mis à disposition gratuitement la base de données qu’ils ont constituée sur la masse de bois, la masse foliaire, la masse racinaire et le stock de carbone pour chaque arbre de la région étudiée. L’utilisation de ces informations pourrait contribuer à améliorer les modèles des effets du changement climatique sur les zones sèches.

La vidéo ci-dessous, en anglais, réalisée par la Nasa, explique en détail comment les chercheurs s’y sont pris.

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