Des milliers d’espèces d’arbres sont encore à découvrir

Il y aurait 14 % d’espèces d’arbres de plus que ce que l’on pensait jusqu’à présent. La majeure partie des espèces encore à découvrir se trouverait au niveau des tropiques, suggère une nouvelle étude.
Nos forêts hébergeraient encore plus d’espèces d’arbres que ce que l’on pensait jusqu’à présent. Une nouvelle estimation mondiale de la biodiversité porte à environ 9 200 le nombre d’espèces d’arbres qui seraient encore à découvrir.
Des milliers d’entre elles se situeraient au niveau des tropiques, selon l’étude parue le 31 janvier dans Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). En s’appuyant sur les données rassemblées dans plusieurs bases de données, les auteurs ont d’abord dénombré 64 100 espèces d’arbres déjà répertoriées, contre 60 000 dans une précédente estimation, et c’est l’Amérique du Sud qui détient le record de biodiversité avec 43 % des espèces d’arbres connues.
Inconnues, rares, menacées
Pour parvenir à ce nombre de 9 200 espèces à découvrir, les chercheurs ont utilisé une méthode d’extrapolation à partir de la quantité d’arbres rares contenue dans les bases de données. “Nous avons eu recours à cette méthode parce que la plupart des arbres inconnus appartiennent sans doute à des espèces rares, dont il n’existe que peu de spécimens dans de petites zones géographiques”, explique au Scientific American Jingjing Liang, coauteur de l’étude et spécialiste de l’écologie forestière à l’université Purdue. Ce nombre pourrait même être sous-estimé.
L’importance de la conservation des forêts
Cette diversité que l’on retrouve exceptionnellement en Amérique du Sud sensibilise encore plus sur la protection et la conservation en priorité des forêts sur ce continent, qui sont particulièrement vulnérables aux perturbations anthropiques comme le réchauffement climatique, la déforestation et les incendies.
La conservation des forêts est primordiale pour de nombreuses raisons, notamment pour les « services écosystémiques » gratuits qui nous sont indispensables. Par exemple, des services de production tels que la nourriture, l’eau douce, le bois, les fibres, mais également des services de régulation du climat en purifiant l’air, des maladies, de l’eau en régulant l’érosion et les inondations, etc. Les arbres participent également à la préservation de la biodiversité, favorisent la formation des sols et le cycle des nutriments.
En plus de participer aux efforts de conservation des arbres, Roberto Cazzolla Gatti de l’université de Bologne en Italie et auteur principal de l’étude, appuie sur l’intérêt de découvrir de nouvelles espèces d’arbres. En effet, il est nécessaire d’approfondir nos connaissances pour préserver la stabilité et le fonctionnement des écosystèmes.
De son côté, rapporte le site américain, “Drew Kerkhoff, biologiste au Kenyon College, qui n’a pas participé à l’étude, se demande combien de telles espèces d’arbres inconnues vont s’éteindre avant que les scientifiques ne les aient décrites”. Mais, selon lui :
La recherche de nouvelles espèces va être utile non seulement pour leur préservation mais aussi pour la science de l’évolution, car elle permettra de mieux comprendre comment les espèces se diversifient et meurent, et pourquoi.”





