DROITS DES FEMMES : QUE FAIT L’UNION EUROPÉENNE ?
Les droits des femmes en recul en Europe
FOCUS –La Journée internationale des droits des femmes trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle, en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote.
C’est en 1975, lors de l’Année internationale de la femme, que l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale des femmes le 8 mars. Instaurée par l’ONU en 1977, cette journée de lutte pour les droits de la femme a en réalité des origines bien plus anciennes et complexes.
Une manifestation à Caen à l’occasion Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2022. Photo d’illustration. | MARTIN ROCHE


Des chercheuses et chercheurs se sont penchés sur la place faite aux femmes dans la construction européenne. Pour eux, la politique européenne d’égalité, bien qu’insuffisante, est « le fleuron de l’Europe sociale ».
« L’Europe, une chance pour les femmes ? » c’est le titre d’un ouvrage collectif qui se penche sur la place faite aux femmes dans la construction européenne. Il démontre notamment que l’Europe a favorisé l’évolution de l’égalité entre les femmes et les hommes.
L’Europe a des pères fondateurs. Où sont les femmes ?
On parle toujours des pères fondateurs dans les manuels scolaires ou sur les sites européens. Pourtant, il y a eu des mères ou des grands-mères fondatrices. Par exemple,Louise Wouise, journaliste,européenne, et féministe et députée européenne en 1979, date à laquelle les membres du Parlement sont élus au suffrage universel pour la première fois. En tant que doyenne du Parlement, elle prononce le discours d’ouverture lors de la première session de ce nouveau Parlement. Elle y dresse une vaste fresque de l’histoire de l’Europe… sans citer de femmes d’ailleurs ! On trouve aussi de nombreuses femmes européistes après la Seconde Guerre mondiale, comme les femmes politiques Marcelle Devaud ou Gilberte Brossolette. Que veulent-elles ? Une paix durable et donc dépasser l’antagonisme franco-allemand, celui contre « l’ennemi héréditaire ».
Les 12 Européennes qui font bouger l’Europe
Elles sont magistrates, commissaires, députées, maires… A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, coup de projecteur sur dix femmes européennes engagées qui mènent un combat au quotidien pour peser sur la scène diplomatique européenne et internationale, se battre contre la corruption, lutter pour le droit à l’avortement ou encore accueillir des réfugiés.
Manuela Carmena (Espagne) – Maire de Madrid
Manuela Carmena est une femme politique espagnole âgée de 73 ans. D’abord avocate puis juge du Tribunal suprême d’Espagne, cette ancienne militante du Parti communiste sous la dictature de Francisco France est devenue maire de la ville de Madrid en 2015. Issue du mouvement des Indignés, Manuela Carmena souhaite redonner le pouvoir au peuple et réaliser une révolution citoyenne à Madrid, ancien bastion de la droite pendant 25 ans.
Codruta Kövesi (Roumanie) – Magistrate

Codruta Kövesi est procureure en chef au sein de la Direction nationale anticorruption (DNA) de Roumanie depuis 2013. Cette femme “adulée des Roumains” s’est fait connaître en permettant à la DNA de faire des progrès considérables dans la lutte contre le corruption de haut niveau, en poursuivant notamment des maires, des parlementaires, des ministres et même l’ex-Premier ministre Victor Ponta alors en exercice.
Deniz Gamze Ergüven (Franco-turque) – Réalisatrice

Deniz Gamze Ergüven est née en Turquie mais a grandi entre la France, la Turquie et les Etats-Unis. Elle obtient une maitrise d’histoire à Johannesburg puis intègre la Femis à Paris où elle ressort en 2006 diplômée en réalisation. En 2014, elle coécrit Mustang avec Alice Winocour et le réalise. Le film raconte l’histoire de cinq sœurs turques qui, animées par une même envie de liberté, tentent d’échapper aux contraintes imposées par la société traditionnelle. Parmi les nombreux prix reçus, Mustang est récompensé par le prix Lux 2015 attribué par le Parlement européen.
Konstantina Kouneva (Grèce) – Députée européenne

Ethnologue de formation, elle est contrainte de quitter son pays natal, la Bulgarie, en 2001 à cause de la maladie de son fils, qu’elle ne pouvait faire soigner dans de bonnes conditions. Durant la convalescence de son fils, elle multiplie les emplois alimentaires en Grèce. Femme de ménage dans le métro d’Athènes, elle devient déléguée syndicale et ne cesse de dénoncer les conditions de travail de l’entreprise de nettoyage qui l’emploie. Menacée à plusieurs reprises, un individu lui brûle le visage à l’acide en 2008, la défigurant de manière irréversible et lui faisant perdre la vue. Son combat syndical la conduit à devenir députée européenne du parti de gauche radicale Syriza en 2014.
Ursula von der Leyen (Allemagne) – Ministre de la Défense, présidente de la Commission européenne

Femme politique allemande issue de la CDU (centre-droit), elle est nommée ministre de la Famille du gouvernement d’Angela Merkel en 2005. Elle mène une politique à rebours des positions de son parti, en contribuant au développement des crèches et en mettant en place un salaire parental, qui permet à tout parent, homme y compris, arrêtant de travailler pour s’occuper de son enfant de recevoir une aide allant jusqu’à 1 800 euros. Ministre du Travail de 2009 à 2013, elle devient, en décembre 2013, la première femme a occupé le poste de ministre de la Défense avant de présider l’Europe.
Federica Mogherini (Italie) – Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l’Union européenne

Federica Mogherini est née en 1973. Après des études en sciences politiques à l’Université La Sapienza de Rome, elle se spécialise en philosophie politique, notamment lors d’une année d’échange universitaire Erasmus à Aix-en-Provence. Elle rejoint tout d’abord les jeunes du Parti communiste puis travaille dans les instances dirigeantes du Parti des démocrates de gauche, avant de se faire élire députée de la Vénétie en 2008, puis réélire en 2013 en Emilie-Romagne. En février 2014, elle devient ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Matteo Renzi. Puis en novembre de la même année, elle devient vice-présidente de la Commission européenne et Haute représentante pour la diplomatie.
Giusi Nicolini (Italie) – Maire de Lampedusa

Agée de 56 ans, Giusi Nicolini est une femme politique italienne, maire de la ville de Lampedusa, située sur l’île du même nom au large de la Tunisie, depuis 2012. Surnommée « la lionne de Lampedusa » , elle se démène pour accueillir les flux de migrants sur l’île dans la dignité. Ancienne adjointe au maire de Lampedusa à 23 ans, elle a refusé poste ministériel et mandat d’eurodéputée pour continuer de défendre les îles de Lampedusa et de Linosa. Elle dénonce l’hypocrisie des politiques migratoires européennes “plus attentives à protéger les frontières qu’à construire un projet commun solidaire et humain” . Son combat a été récompensé par le prix Simone de Beauvoir 2016.
Barbara Nowacka (Pologne) – Prix Simone de Beauvoir 2017

Agée de 41 ans, Barbara Nowacka est une femme politique polonaise. Cette icône de la cause féminine a suivi les traces de sa mère, ancienne secrétaire d’Etat à l’égalité hommes-femmes, en s’engageant pour les droits des femmes. Professeur à l’Université de Varsovie, elle s’est fait connaître hors de son pays en organisant “la marche noire” en octobre 2016 pour s’opposer avec succès à une proposition de loi des ultras conservateurs visant à bannir totalement l’avortement. Le texte prévoyait une peine de prison tant pour les médecins pratiquant des IVG que pour les patientes. En 2017, son combat a été récompensé par le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes au nom de l’association Sauvons les femmes.
Emily O’Reilly (Irlande) – Médiatrice européenne

Ancienne journaliste politique, Emily O’Reilly fut médiatrice de la République d’Irlande de 2003 à 2007 (l’équivalent du défenseur des droits en France), puis commissaire à l’information environnementale de 2007 jusqu’à sa nomination au poste de Médiateur européen en 2013. Le 28 février 2017, elle a ouvert une enquête sur la façon dont la Commission européenne a réagi à une lettre lui ayant été adressée par des employés de l’UE concernant la position de José Manuel Barroso auprès de Goldman Sachs.
Margrethe Vestager (Danemark) – Commissaire européenne à la Concurrence

Femme politique membre du Parti social-libéral danois (RV), Margrethe Vestager a occupé les postes de ministre de l’Education du Danemark de 1998 à 2001 puis de l’Economie de 2011 à 2014. Nommée commissaire européenne à la Concurrence en 2014, elle a imposé au géant américain Apple le remboursement à l’Irlande de 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux illégaux. Considérée par la presse étrangère comme la femme la plus influente de la Commission européenne, elle a été élue femme de l’année par le Financial Times en 2016.
Angela Merkel, la brillante chancelière allemande
Née Angela Kasner le 17 juillet 1954 à Hambourg, était une femme d’Etat allemande. Membre de l’Union Chrétienne- démocrate (CDU), elle est chancelière fédérale d’Allemagne du au . Physicienne de formation, elle est continuellement élue au Budestag depuis 1991. Elle est ministre fédérale des Femmes et de la Jeunesse au sein du cabinet Kohl IV, de 1991 à 1994, avant de se voir confier le ministère fédéral de l’Envirenement, de la Protection de la Nature et de la Sécurité nucléaire jusqu’en 1998. Elle devient, en 2000, la première femme présidente de la CDU. Après la victoire relative de la droite aux élections fédérales de 2005, elle est investie chancelière fédérale et devient ainsi la première femme à accéder à cette fonction en formant une grande coalition alliant la CDU/CSU et le Parti social-démocrate (SPD). Elle est reconduite dans ses fonctions à la tête d’un gouvernement CDU/CSU-FDP en 2009, puis d’un nouveau gouvernement de coalition CDU/CSU-SPD en 2013 et 2018. Si elle bénéficie de résultats économiques jugés satisfaisants, elle est cependant fragilisée par sa politique d’ouverture des frontières lors de la crise migratoire en Europe et par le score historiquement faible recueilli par la CDU/CSU. Ne se représentant pas aux éléctions fédérales de 2021, elle quitte la chancellerie, le social-démocrate Olaf Scgolz lui succédant.
Giorgia Meloni, ( Italie) Première ministre
Née le 15 janvier 1977 à Rome, est une femme d’Etat Italienne, présidente du Conseil des ministres d’Italie depuis 22 octobre 2022. Membre du Mouvement social italien, de l’Alliance nationale puis du Peuple de la liberté, elle est députée depuis 2006 et ministre pour la Jeunesse dans le quatrième gouvernement conduit par Silivio Berluscon(2008-2011).
Depuis 2014, elle préside le parti d’extrême droite et nation-consevateur Frères d’italie (FdI). En 2020, alors que son exposition médiatique s’accroît et que sa formation connaît une forte hausse dans les intentions de vote, elle est élue présidente du Parti des conservateurs et réformistes européens. Membre de la coalition de centre droit, son parti arrive largement en tête des élections parlementaires de 2022. Elle devient dans la foulée la première femme à accéder à la présidence du Conseil des ministres.
Egalité entre les femmes et les hommes
L’égalité des genres constitue l’une des priorités de la Commission européenne, qui s’appuie notamment sur sa stratégie 2020-2025. Mais où en est-on ? Qu’en est-il dans chaque Etat membre ? Si les inégalités entre les femmes et les hommes tendent à diminuer, elles sont encore loin d’avoir disparues. Aujourd’hui encore, les inégalités demeurent, notamment dans les domaines de l’emploi, de la vie politique ou de l’éducation. A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, on vous propose ici de découvrir son dossier spécial sur la parité en Europe et le rôle de l’Union européenne pour lutter contre les inégalités.
Où en est-on dans l’Union européenne ?
L’égalité des genres constitue l’une des priorités de la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen. Mais où en est-on ? Qu’en est-il dans chaque Etat membre ? Globalement, les inégalités femmes-hommes tendent à diminuer, mais sont encore loin d’avoir disparu.

Que ce soit au travail ou à la maison, l’égalité femmes-hommes est encore à atteindre. Si les écarts sont plus ou moins importants selon les Etats membres, les réduire constitue de manière générale un long processus. En 2022, les Etats membres de l’UE ont obtenu une note moyenne de 68,6 sur 100 en termes d’indice d’égalité de genre, outil de mesure conçu par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Une note qui n’a progressé que de 5,5 points depuis 2013, année de mesure la plus ancienne sur le site de l’institut.
Stratégie en faveur de l’égalité hommes-femmes 2020-2025
Cette stratégie de la Commission européenne, présentée en mars 2020, vise à servir de fil conducteur aux actions de l’UE en matière de lutte pour l’égalité entre les sexes. Parmi les objectifs poursuivis figurent : la fin des violences et des préjugés sexistes, une égalité de participation et de chances sur le marché du travail ou encore l’équilibre entre hommes et femmes en matière de prise de décision et dans le domaine politique. En mars 2021, l’exécutif européen a lancé un portail de suivi (en anglais) de la stratégie.
Les écarts de salaire

Les inégalités hommes-femmes se reflètent notamment à l’endroit des salaires. En 2021, les femmes gagnaient en moyenne 12,7 % de moins que les hommes dans l’UE, d’après Eurostat.
L’écart grimpe jusqu’à 20,5 % en Estonie. Le Luxembourg est en revanche le premier pays de l’UE, et ce pour la première année, où les femmes sont légèrement mieux payées que les hommes, avec des salaires 0,2 % plus élevés. Quant à la France, elle se situe au-dessus de la moyenne européenne en matière d’inégalités salariales, les hommes y gagnant 15,4 % de plus que les femmes.
Le taux d’emploi des femmes et des hommes en Europe
Selon Eurostat, 66,1 % des femmes de 20 à 64 ans occupaient un emploi en 2020 dans l’UE. Un taux en augmentation depuis près de dix ans (60,9 % en 2011). Mais il reste inférieur de plus de 10 points à celui des hommes : en moyenne, 77,2 % d’entre eux avaient un emploi dans l’UE en 2020.
L’écart entre les taux d’emploi des femmes et des hommes est donc toujours considérable dans de nombreux pays. C’est à Malte que les inégalités entre les sexes sont les plus marquées en la matière, avec une différence de près de 20 points : seuls 67,8 % des femmes de 20 à 64 ans avaient un emploi en 2020 contre 85,6 % des hommes. A l’inverse, c’est en Lituanie, où 75,8 % des femmes travaillaient à cette période contre 77,5 % des hommes, que l’écart est le plus faible.
Même lorsqu’elles ont la possibilité de travailler, les femmes le font bien plus souvent que les hommes à temps partiel, notamment pour s’occuper de leurs enfants. Les politiques publiques visant à ce que la parentalité n’éloigne pas durablement du marché du travail sont ainsi déterminantes, comme celles relatives au congé parental. Un lien peut ainsi être observé entre le montant de ce dernier et le nombre d’hommes qui le prennent, lesquels contribuent à un taux d’emploi plus important des femmes. Une directive européenne a été adoptée en juin 2019 sur “l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants”. Mais contrairement à ce que souhaitait la Commission européenne, à savoir une rémunération minimale du congé parental à hauteur d’un arrêt maladie, l’opposition de la moitié des Etats membres a conduit le texte final à ne pas comporter de seuil minimal, seul un “niveau adéquat” étant requis.
L’accès aux postes clés de l’UE
En moyenne, les hommes occupent davantage de postes à responsabilité que les femmes. Dans les parlements nationaux de l’UE, seuls 31,5 % des élus étaient des femmes en mars 2023, selon la Fondation Robert Schuman. Le Parlement européen compte quant à lui 37,8 % d’élues parmi ses députés.
L’égalité hommes-femmes constitue une priorité d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne depuis 2019 et première femme à diriger l’institution. Actuellement, 13 commissaires sur 27 sont des femmes, contre neuf sous la présidence de Jean-Claude Juncker (2014-2019). Une sensible amélioration, qui place le collège des commissaires proche de la parité que souhaitait réaliser Mme von der Leyen à sa nomination.
En termes de postes d’encadrement à la Commission, la part des femmes était de 41 % en mars 2020, conformément à l’engagement de M. Juncker d’atteindre 40 % au 31 octobre 2020. Cependant, les femmes demeurent sous-représentées dans les postes liés à la prise de décision économique, domaine traditionnellement considéré “masculin”, fait savoir la Fondation Robert Schuman. De manière générale, des progrès importants ont été réalisés, mais ceux-ci doivent être poursuivis. En mars 2020, la Commission européenne a annoncé l’objectif d’atteindre la parité à tous ses niveaux hiérarchiques d’ici la fin de l’année 2024, à savoir la fin du mandat de sa présidente. Dans les Etats membres de l’UE, les cheffes d’Etat et de gouvernement (hors têtes couronnées) ne sont actuellement que 10 sur 27.
Au sein des grandes entreprises, la situation est appelée à sensiblement s’améliorer en matière de parité femmes-hommes dans les postes de direction. Car depuis novembre 2022, une directive européenne fixe des quotas de femmes à mettre en place, d’ici à juillet 2026, dans les conseils d’administration des grandes sociétés cotées en bourse dans l’UE. Concrètement, 40 % des postes d’administrateurs non exécutifs devront être occupés par le genre sous-représenté, le plus souvent les femmes, ou bien 33 % de tous les postes d’administrateur.
Les violences
Les femmes sont bien plus souvent victimes de violences physiques et sexuelles que les hommes. Concernant ces dernières, une étude publiée en 2017 estimait ainsi que 45 à 55 % des femmes de l’UE avaient été victimes de harcèlement sexuel depuis l’âge de 15 ans, soit un nombre très inquiétant représentant 83 à 102 millions d’Européennes.
Quant aux violences physiques, le nombre de femmes succombant sous les coups de leur conjoint est nettement supérieur à celui des hommes victimes de leur conjointe. Le gouvernement français indique, par exemple, que 122 femmes sont mortes en 2021 à la suite de violences subies de la part de leur partenaire ou ex-partenaire, soit 82 % des morts au sein du couple.
Pour y faire face, la Commission européenne a notamment présenté une proposition de directive contre les violences faites aux femmes en mars 2022. Celle-ci vise à introduire des règles minimales pour criminaliser certaines formes de violences à l’échelle de l’UE, à améliorer la protection des victimes et leur accès à la justice ou encore à accroître la coopération entre Etats membres. La proposition de la Commission a aussi pour but de rendre la collecte de données obligatoire au niveau européen, de quoi permettre une meilleure évaluation de la situation dans l’ensemble de l’Union.
Par ailleurs, la Convention d’Istanbul, traité international émanant du Conseil de l’Europe, fixe à ses Etats signataires un cadre contraignant de lutte contre les violences faites aux femmes. Signée par l’UE et ses Etats membres, celle-ci n’a toutefois pas encore été ratifiée par six d’entre eux – la Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque et la Slovaquie – ni par l’Union elle-même. Dans une résolution adoptée le 15 février 2023, les eurodéputés appellent l’UE et ces pays à ratifier le texte. Et selon eux, l’Union ne devrait pas attendre les six Etats concernés, la Cour de justice de l’UE ayant confirmé en octobre 2021 que la ratification du traité ne nécessitait pas l’unanimité des Vingt-Sept.















