« KAUST » dévoile le rôle des tortues vertes dans la découverte des herbiers marins de la mer Rouge
L’Université King Abdullah pour les Sciences et la Technologie (KAUST) a révélé une nouvelle étude réalisée par un groupe de scientifiques en collaboration avec le gouvernement du Queensland en Australie. Cette étude, publiée dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B, a permis de découvrir 34 nouveaux herbiers d’herbes marines dans la mer Rouge grâce au suivi du comportement des tortues vertes pendant leurs recherches alimentaires.
Soutenir l’économie bleue
L’étude met en lumière l’importance de suivre les tortues marines pour étudier les écosystèmes marins essentiels pour le stockage du carbone, soutenir l’économie bleue et développer des politiques de durabilité pour la mer Rouge. Les chercheurs ont installé des capteurs de suivi sur 53 tortues marines afin d’étudier leur comportement et leurs trajectoires de déplacement, ce qui a permis la découverte de 34 nouveaux herbiers d’herbes marines, augmentant ainsi la surface découverte d’herbes marines dans la mer Rouge de 15 %.
L’étude a démontré que le suivi des tortues offre une fiabilité accrue pour identifier les emplacements des herbiers marins, avec une précision 20 fois supérieure à celle des données de l’Atlas des récifs coralliens Allen, une base de données mondiale utilisée pour cartographier les côtes. En outre, les résultats ont montré que les tortues peuvent localiser des herbiers marins à des profondeurs allant jusqu’à 70 mètres, contrairement aux technologies actuelles qui ne sont efficaces qu’à des profondeurs inférieures à 5 mètres. Cette capacité des herbiers marins à stocker le carbone varie en fonction de leur profondeur.
Les tortues vertes : une méthode plus efficace
L’étude, dirigée par le professeur Carlos Duarte, professeur en sciences marines à KAUST, indique que les tortues vertes sont plus efficaces en termes de coût par rapport aux avions équipés de technologies de télédétection par laser (LIDAR) et de spectrométrie, dont les coûts se chiffrent en dizaines de millions de dollars. En revanche, l’installation de capteurs sur les tortues marines représente seulement 1 % du coût de ces technologies.
Le professeur Duarte a souligné : « Les pays ont besoin de données précises pour établir des politiques efficaces de protection de l’environnement et de leurs économies. Notre étude fournit des données vitales sur la mer Rouge, ce qui aide les pays riverains à élaborer des stratégies de conservation de l’environnement et des programmes de carbone bleu. »
Une ressource clé pour la lutte contre le changement climatique
Les herbiers marins, ainsi que les mangroves et les marais salants, font partie des écosystèmes les plus efficaces pour capturer le carbone bleu, surpassant même les forêts tropicales. Leur valeur économique est estimée à des dizaines de milliards de dollars. Bien que les images satellites soient couramment utilisées pour surveiller les herbiers marins, ces technologies présentent des limites pour identifier les zones profondes.
Les modèles actuels montrent que les zones identifiées ne représentent que 10 % de la surface totale des herbiers marins dans la mer Rouge. L’étude confirme que la combinaison de technologies spatiales avancées et du suivi des tortues vertes équipées de capteurs pourrait révolutionner l’évaluation de ces environnements marins cruciaux pour la lutte contre le changement climatique.
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