« Takhleed » documente l’histoire du Royaume à travers l’art
Un groupe de jeunes Saoudiens s’efforce de raviver l’histoire de leur pays à travers l’initiative « Takhleed » (Immortalisation), qui vise à documenter les événements historiques saoudiens par le biais de l’art. Cette initiative cherche à combler le manque de documentation visuelle dans la narration de l’histoire nationale, traditionnellement transmise oralement ou par écrit, sans grande représentation visuelle.
« Nous écrivons notre récit et la partageons avec le monde à travers l’art. En reflétant ainsi l’identité et l’histoire du Saoudien », explique Mohammed Al-Dajani, fondateur de l’initiative, dans un entretien avec Arabia.net. Lancée en collaboration avec des passionnés d’histoire et de culture saoudienne, cette initiative vise à transformer la manière dont l’histoire est racontée. « L’histoire de la péninsule arabique a toujours été plus orale que visuelle. Nous voulons changer cela grâce à la documentation artistique », ajoute-t-il.
L’idée de Takhleed est née lorsque Al-Dajani, accompagnant un visiteur étranger à la mosquée Al-Turaif à Diriyah, a raconté l’histoire de l’assassinat de l’imam Abdulaziz bin Mohammed, le deuxième dirigeant du premier État saoudien. Le visiteur a alors demandé à voir une peinture représentant l’imam, ce qui a révélé à Al-Dajani l’absence de documentation visuelle de cette figure historique. « Ce moment a été le déclic pour réaliser la nécessité d’un projet documentant visuellement notre histoire », confie-t-il.
L’histoire à travers l’art
Face aux défis, Al-Dajani a formé une équipe d’artistes spécialisés. Le projet a officiellement débuté en octobre 2024 et s’est poursuivi jusqu’en janvier 2025. Les artistes ont travaillé quotidiennement pendant de longues heures, certaines œuvres prenant jusqu’à trois mois pour être achevées. Au total, 14 œuvres ont été réalisées par 6 artistes. « Nous avions initialement prévu de créer seulement quatre peintures, mais la rapidité et le professionnalisme de l’équipe nous ont permis d’en produire davantage », explique Al-Dajani.
Le studio « Masnad »
Le studio « Masnad », situé dans le quartier de Jax à Diriyah, a accueilli la première exposition du projet, intitulée « Sacrifices Immortels ». Cette exposition, ouverte au public jusqu’au 22 février, a présenté les premières œuvres de l’initiative, offrant une plateforme pour faire découvrir l’histoire saoudienne à travers l’art. L’équipe a veillé à l’exactitude historique en faisant valider le contenu des œuvres par la Darat King Abdulaziz, renforçant ainsi la crédibilité du projet.
Takhleed présente des Œuvres marquantes
Parmi les œuvres les plus remarquables figure la représentation de l’assassinat de l’imam Abdulaziz bin Mohammed. Cette peinture capture le moment dramatique où l’imam a été trahi pendant la prière de l’après-midi à la mosquée Al-Turaif. L’œuvre illustre également l’héritage de l’imam en matière de diffusion du savoir et de bienfaisance. Notamment à travers la fondation de « Sabalat Moudi », un important waqf éducatif et caritatif.
En effet,Takhleed offre une autre peinture qui met en lumière le rôle des femmes saoudiennes dans la défense de Diriyah. Lors du siège ottoman dirigé par Ibrahim Pacha. L’œuvre s’inspire du témoignage de l’historien français Félix Mangin. Il a décrit le courage des femmes saoudiennes traversant les lignes ennemies sous le soleil brûlant pour apporter de l’eau aux combattants.
Enfin, une peinture intitulée « Le Chat d’Al-Rass » raconte une ruse ingénieuse utilisée par les habitants d’Al-Rass pour contrer les Ottomans. En utilisant un chat pour déclencher une explosion, ils ont réussi à repousser l’ennemi et à sauver leur ville.
Takhleed, un outil puissant pour documenter l’histoire
En conclusion, Al-Dajani aspire à étendre l’initiative pour couvrir toutes les périodes de l’histoire saoudienne, ainsi que les aspects culturels et militaires de la péninsule arabique. L’objectif est de servir les secteurs de l’éducation, du tourisme et de la culture. À l’avenir. L’initiative prévoit de créer des sculptures, des souvenirs et des bandes dessinées inspirées de l’histoire saoudienne.
« L’art est un moyen puissant de documenter l’histoire et de la transmettre aux générations futures », conclut Al-Dajani
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