À La Mecque, Un manuscrit exceptionnel au musée du Coran
Le Musée du Coran, situé dans le quartier culturel de Hira à La Mecque, expose un manuscrit coranique rare datant du XIIᵉ siècle de l’hégire, correspondant au XVIIIᵉ siècle de l’ère chrétienne.
Âgé d’environ trois cents ans, ce manuscrit se distingue par la présence de trois grands styles de calligraphie arabe : le thuluth, le rayhani et le naskh.
Le document fait partie des collections de la Bibliothèque publique du roi Abdelaziz. Son exposition permet aux visiteurs de découvrir un exemple remarquable de l’art ancien de la copie, de la mise en page et de la décoration des manuscrits coraniques.
Trois styles réunis dans un seul ouvrage
Les versets sont écrits à l’encre noire. Le copiste a utilisé trois styles de calligraphie, chacun possédant ses propres caractéristiques esthétiques et techniques.
Le thuluth est connu pour ses formes élégantes, ses lettres allongées et ses compositions imposantes. Il a souvent été utilisé dans les titres, les inscriptions et les œuvres calligraphiques de grande dimension.
Le rayhani se distingue par une écriture fine et raffinée. Ses lettres présentent une grande précision, ce qui lui permet de conserver une apparence délicate tout en restant lisible.
Le naskh est apprécié pour sa clarté et sa régularité. Il a largement été utilisé dans la copie des livres et des manuscrits en raison de sa facilité de lecture.
La combinaison de ces trois styles témoigne de la maîtrise technique du copiste et de sa capacité à réunir différentes traditions de la calligraphie arabe dans un même manuscrit.
Une mise en page soigneusement travaillée
Les versets ont été écrits et vocalisés avec une grande précision. Les signes diacritiques facilitent la lecture et la prononciation correcte du texte.
Les premières pages du manuscrit sont ornées de motifs végétaux et de dorures réalisées avec soin. Ces éléments décoratifs donnent aux pages une apparence riche et équilibrée.
La décoration ne se limite pas à embellir le manuscrit. Elle participe à l’organisation visuelle de la page et met en valeur le texte coranique.
Les motifs végétaux rappellent les traditions décoratives utilisées dans plusieurs manuscrits islamiques. Ils créent un contraste harmonieux avec l’encre noire et les espaces dorés.
Des séparations dorées entre les versets
Des cercles dorés apparaissent entre les versets afin de les séparer. Ils remplissent donc une fonction pratique, tout en ajoutant une dimension décorative aux pages.
Cette méthode illustre la manière dont les anciens copistes associaient la précision du texte à la beauté de la présentation.
La réalisation d’un manuscrit coranique demandait une grande attention. Le copiste devait respecter la forme des lettres, l’ordre des versets, les signes de vocalisation et les règles de mise en page.
Les décorateurs intervenaient ensuite pour ajouter les motifs, les couleurs et les dorures. L’ensemble formait une œuvre complète associant écriture, savoir-faire artistique et respect du texte sacré.
Une sélection de sourates
Le manuscrit ne contient pas l’intégralité du Coran. Il rassemble une sélection de sourates qui commence par L’Ouverture et comprend notamment :
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Les Bestiaux.
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La Caverne.
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Saba.
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Le Créateur.
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Ya-Sin.
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La Victoire éclatante.
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L’Événement.
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La Royauté.
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La Nouvelle.
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La Sincérité.
Cette sélection donne au manuscrit une particularité supplémentaire. Elle montre que certains ouvrages anciens pouvaient réunir plusieurs sourates choisies, selon leur fonction, leur usage ou les besoins de leurs lecteurs.
Les pages conservées permettent également d’observer l’évolution de la copie coranique et l’association entre différentes écoles de calligraphie.
Un témoignage de l’histoire du livre
Le manuscrit constitue un témoignage important sur le niveau atteint par les arts du livre il y a environ trois siècles.
Il montre que la production des manuscrits coraniques ne se limitait pas à la transcription du texte. Elle comprenait également le choix du style d’écriture, la précision des signes, l’organisation de la page, les motifs décoratifs et l’utilisation de la dorure.
Chaque détail reflète le soin accordé à la conservation et à la présentation du texte coranique.
L’ouvrage permet ainsi aux visiteurs de mieux comprendre les techniques utilisées par les copistes et les artisans spécialisés dans la fabrication des manuscrits.
Une exposition dans un lieu symbolique
La présentation de ce manuscrit à La Mecque lui donne une importance particulière. La ville occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam et demeure la destination spirituelle de millions de musulmans.
Installé dans le quartier culturel de Hira, le Musée du Coran présente différentes étapes de l’histoire du texte coranique, de sa transmission et des efforts consacrés à sa préservation.
L’exposition du manuscrit complète cette présentation en mettant l’accent sur les arts de l’écriture, de la décoration et de la reliure.
Un patrimoine à préserver
La conservation de ces manuscrits exige des conditions particulières de température, d’humidité, d’éclairage et de manipulation.
Leur exposition permet au public de découvrir leur valeur historique et artistique, tout en sensibilisant à la nécessité de les protéger.
À travers ce document rare, le Musée du Coran met en lumière le savoir-faire des anciens copistes et la richesse de la calligraphie arabe.
Le manuscrit rappelle enfin que l’histoire du Coran est aussi liée à une longue tradition artistique et intellectuelle. Ses trois styles d’écriture, ses cercles dorés et ses motifs végétaux en font un témoignage précieux de l’évolution des arts du livre dans le monde islamique.
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