Des tombes en forme de pendentif révèlent l’histoire des sociétés anciennes de l’Arabie ancienne
Les tombes en pierre découvertes à AlUla, Khaybar et Tayma offrent de nouvelles informations sur les modes de vie des anciennes communautés du nord-ouest de la péninsule Arabique.
Ces monuments se concentrent notamment dans les champs volcaniques, le long des vallées et à proximité des oasis et des sources d’eau. Leur répartition suggère que les populations anciennes associaient les lieux de sépulture aux espaces essentiels à la vie quotidienne.
Des monuments reconnaissables à leur « queue »
Les structures dites « en pendentif » se composent généralement d’un monument funéraire circulaire auquel est relié un long prolongement de pierres.
Cette forme rappelle celle d’un pendentif, d’où le nom donné par les archéologues. Les dimensions et les plans varient toutefois considérablement. Certains monuments sont simples, tandis que d’autres présentent des architectures plus complexes.
Les recherches indiquent qu’une grande partie de ces constructions remonte à l’âge du bronze, notamment entre 2600 et 2000 avant notre ère. Certaines ont cependant été réutilisées ou modifiées au cours des périodes suivantes.
Les bâtisseurs ont utilisé les roches disponibles localement, notamment les pierres volcaniques présentes dans les régions de Khaybar et d’AlUla.
Des « avenues funéraires » à travers le désert
De nombreuses tombes sont associées à de longs itinéraires appelés avenues funéraires.
Ces chemins reliaient les oasis, les pâturages et les points d’eau. Dans les régions d’AlUla et de Khaybar, les recherches ont permis d’identifier environ 2 360 segments d’avenues funéraires sur une superficie d’environ 42 500 kilomètres carrés.academia
L’ensemble du réseau étudié s’étend sur près de 530 kilomètres. Les monuments apparaissent parfois en forte concentration autour des sources permanentes, avec jusqu’à 22 structures sur une distance de 100 mètres.
Les archéologues considèrent ces itinéraires comme une source importante pour comprendre les déplacements humains dans l’Arabie ancienne.
Des indices sur la mobilité des populations
La proximité des tombes avec les oasis et les sources d’eau n’est probablement pas fortuite.
Ces lieux constituaient des points essentiels pour les communautés qui vivaient dans un environnement aride. Les chercheurs estiment que les avenues funéraires pourraient avoir accompagné les déplacements saisonniers des éleveurs et de leurs troupeaux entre les pâturages et les oasis.
Elles auraient également facilité les contacts entre les différents groupes installés dans la région.
Les chemins ne servaient donc peut-être pas uniquement à relier des lieux de sépulture. Ils pourraient aussi avoir structuré les itinéraires de déplacement et les échanges entre communautés.
Un réseau social et économique
La concentration des monuments le long de ces axes témoigne d’un degré d’organisation important.
La construction de tombes en pierre nécessitait une main-d’œuvre, des connaissances techniques et une coordination entre plusieurs personnes. L’entretien ou la réutilisation de certains monuments suggère également l’existence d’une mémoire collective et de liens durables entre les groupes.
Ces vestiges fournissent ainsi des informations sur :
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Les pratiques funéraires.
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Les déplacements saisonniers.
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Les relations entre les oasis.
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L’organisation sociale.
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Les échanges économiques.
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L’attachement des populations à certains territoires.
AlUla, Khaybar et Tayma : un patrimoine complémentaire
Les trois régions contribuent à une lecture plus large de l’histoire du nord-ouest de l’Arabie.
À Khaybar, les recherches portent notamment sur des structures funéraires datant de la fin du Chalcolithique et de l’âge du bronze. À Tayma, les découvertes montrent que l’oasis était déjà occupée de manière importante dès l’âge du bronze.
À AlUla, les monuments funéraires préhistoriques s’inscrivent dans un paysage archéologique comprenant également des cairns, des avenues funéraires et, à des périodes plus récentes, des tombes rupestres.
Une histoire encore à approfondir
Les archéologues utilisent aujourd’hui les relevés aériens, l’imagerie satellitaire, les fouilles, la datation radiocarbone et la documentation numérique pour étudier ces monuments.
Les avenues funéraires montrent que le désert n’était pas un espace isolé. Il formait au contraire un territoire parcouru, organisé et relié par des itinéraires qui unissaient les oasis, les pâturages et les communautés.
Ces structures en pierre constituent ainsi l’un des témoignages les plus importants de la mobilité, de la mémoire collective et de la vie sociale dans l’Arabie ancienne.
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