La marche entre nature et ville : où se trouve le vrai bien-être ?
Marcher dans la nature ou en ville ?
Imaginons une personne décidant de passer un moment au cœur de la nature : à chaque pas, ses pieds foulent les feuilles tombées, longeant un ruisseau qui s’écoule doucement sur les pierres grises, tandis qu’une brise légère agite les branches des arbres.
Comparons maintenant cette image paisible à celle d’une promenade en ville — entre circulation, embouteillages, béton et verre. Laquelle semble la plus bénéfique pour l’être humain ?
Le « secret » du bon chemin
Marcher en pleine nature améliore la santé physique et mentale, réduit le stress et aide à retrouver la concentration, selon l’agence Associated Press.
Mais des chercheurs ont découvert que la marche en milieu urbain peut, elle aussi, procurer de nombreux bienfaits mentaux — à condition de choisir le bon itinéraire et de prêter attention à ce qui nous entoure.
Whitney Fleming, chercheuse en psychologie environnementale à l’Université de Bangor, au Pays de Galles, explique :
« La plupart des villes possèdent des espaces verts. Où que l’on soit, on peut toujours trouver un bel arbre. »
Moins d’anxiété, plus de sérénité
Fleming souligne que la marche, activité modérée par excellence, profite globalement à la santé : elle réduit les risques de maladies cardiaques, d’hypertension, de démence, de dépression et de nombreux cancers.
Mais les bienfaits de la marche dans la nature dépassent la simple activité physique :
« Les êtres humains ont une affinité innée et évolutive pour la nature », précise-t-elle.
Ses recherches ont montré que les personnes invitées à prêter attention à la verdure pendant leur marche ressentaient nettement moins d’anxiété que celles concentrées sur les éléments artificiels. Elles ont également rapporté davantage d’émotions positives.
« Le simple fait d’avoir des éléments naturels à regarder en ville est essentiel », ajoute Fleming.
« Même sans être au milieu de la nature, on peut en tirer profit. Les bâtiments et les places animées ont, eux aussi, leur propre charme discret. »
Amélioration cognitive et attentionnelle
César San Juan Guillén, professeur de psychologie sociale à l’Université du Pays basque (Espagne), explique que certains chercheurs ont remis en question l’idée selon laquelle les villes seraient intrinsèquement stressantes.
Jusqu’à récemment, la majorité des recherches environnementales opposaient les environnements naturels aux milieux urbains jugés stressants — rues bondées, circulation, bruit.
Mais une étude a comparé des personnes se promenant dans un parc urbain verdoyant et d’autres dans une place animée avec restaurants et terrains de jeux.
Résultat : les deux groupes ont montré une amélioration des performances cognitives et de l’attention, ainsi qu’une diminution de l’anxiété, de l’irritabilité et de la fatigue.
Cependant, le groupe de la place urbaine a ressenti plus d’énergie et moins de tension.
Passer du temps dans des quartiers historiques, dans des cimetières ou devant des panoramas urbains peut susciter « une forme de fascination douce », note Guillén.
Ce type d’attention involontaire serait particulièrement efficace pour restaurer la concentration perdue au travail ou à l’école.
Quand la différence devient un atout
Tristan Cleveland, urbaniste chez Happy Cities (Canada), indique que la psychologie environnementale, les neurosciences et l’architecture collaborent désormais pour mieux comprendre comment les humains interagissent avec les environnements construits.
Selon lui, les meilleures promenades urbaines sont celles qui éveillent une curiosité douce et apaisante.
De son côté, Annabel Abbs-Streetsen, auteure de The Walking Cure et 52 Ways to Walk, confie avoir ressenti du bien-être en marchant dans diverses villes.
Elle recommande les cités propices à la marche comme Boston, Taos (Nouveau-Mexique) ou Dubrovnik (Croatie).
Elle suggère aussi de se rendre dans les vieux cimetières historiques proches de chez soi — mentionnant sa préférence pour les sept cimetières victoriens de Londres.
Et de conclure :
« Il ne s’agit pas de dire que le vert est bon et le gris mauvais.
En réalité, ces deux couleurs sont simplement différentes — et parfois, cette différence est une très bonne chose. »
Sujet Connexes:
Les troubles de l’estomac : causes et conseils pour le soulager en douceur
La santé mentale des mères : clé de l’équilibre familial et social




