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Un sommeil paisible ne commence pas dans le cerveau

Contrairement à l’idée largement répandue selon laquelle le sommeil réparateur prend naissance dans le cerveau, il apparaît, au contraire, que le véritable point de départ se situe dans l’intestin. En effet, de nombreuses recherches montrent que le microbiome intestinal, composé de trillions de micro-organismes, influence profondément non seulement la qualité du sommeil, mais aussi l’humeur et l’équilibre général de l’organisme. Ainsi, lorsque cet écosystème interne fonctionne harmonieusement, le sommeil devient plus stable et plus régulier ; toutefois, dès qu’un déséquilibre survient, les troubles du sommeil apparaissent presque inévitablement, notamment l’insomnie et la fragmentation nocturne.

Un sommeil paisible : Un axe intestin cerveau qui travaille en continu

De plus, il existe entre l’intestin et le cerveau une communication constante, connue sous le nom d’axe intestin–cerveau. Cet échange repose principalement sur le nerf vague, véritable autoroute de signaux qui relie les deux organes. Par ailleurs, plusieurs études suggèrent que l’augmentation de l’activité de ce nerf favorise un état de calme physiologique, ce qui facilite, par conséquent, la transition vers un sommeil profond. Ainsi, toute modification du microbiome intestinal se répercute, directement ou indirectement, sur la manière dont le cerveau gère le stress, la détente et l’endormissement.

Des messagers chimiques produits dans l’intestin

En outre, comme l’explique la Dre Manal Mohamed de l’Université de Westminster, les microbes intestinaux ne se contentent pas de digérer les aliments : ils produisent aussi des neurotransmetteurs et des métabolites qui influencent les hormones du sommeil. Par exemple, l’intestin fabrique la majeure partie de la sérotonine, essentielle à l’humeur et au cycle veille-sommeil, laquelle est ensuite convertie en mélatonine, l’hormone qui signale au corps qu’il est temps de dormir. De même, certaines bactéries bénéfiques produisent du GABA, un neurotransmetteur apaisant qui réduit l’excitabilité nerveuse. Ainsi, plus l’intestin est sain, plus la production de ces substances est stable, ce qui renforce naturellement la qualité du sommeil.

Inflammation, stress et cercle vicieux

Cependant, lorsque le microbiome se déséquilibre un phénomène appelé dysbiose, les bactéries nocives deviennent dominantes. Dès lors, elles favorisent l’inflammation et perturbent l’horloge biologique interne, rendant le sommeil irrégulier et moins réparateur. Par ailleurs, cette inflammation provoque une augmentation du cortisol, l’hormone du stress, ce qui maintient le corps en état d’alerte. Finalement, le stress altère lui aussi la flore intestinale, qui envoie alors des signaux d’urgence au cerveau. Ainsi se crée un cercle vicieux où le manque de , le stress et le dérèglement intestinal s’alimentent mutuellement, rendant indispensable le rééquilibrage du microbiome pour retrouver un paisible.

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