Santé

L’OMS : l’éclosion d’Ebola est une urgence internationale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que l’actuelle épidémie d’Ebola constitue une urgence de santé publique d’importance internationale. Cette épidémie observée en République démocratique du Congo et en Ouganda ne est pas  qualifiée de pandémie mondiale. Dans un communiqué publié à Genève le 20 mai 2026, l’OMS souligne que cette poussée représente un risque élevé au niveau national et régional, sans toutefois s’étendre à l’échelle planétaire au sens strict d’une pandémie.

Une situation localisée mais très sérieuse

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom, a expliqué lors d’une conférence de presse que le virus à l’origine de cette épidémie appartient à la souche de Bundibugyo d’Ebola. Aussi connue pour sa dangerosité, mais qui reste, à ce stade, principalement confinée à certaines zones d’Afrique centrale. La Commission d’urgence des Règlements sanitaires internationaux a examiné la situation et recommandé un renforcement du système de surveillance épidémiologique, de la détection précoce. Ainsi que de la capacité à identifier et suivre les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Les autorités sanitaires jugent particulièrement compliqué de calculer l’ampleur réelle de l’épidémie, en raison du grand nombre de cas suspects, de la difficulté d’accès à certaines régions, et du retard possible de certains pays voisins à signaler les cas. L’OMS appelle donc à une coordination transfrontalière renforcée, à l’augmentation des capacités de laboratoire et à la mise en place de protocoles de dépistage rapides pour contenir la propagation du virus.

Une maladie mortelle, apparue en 1976

Le virus Ebola doit son nom à la rivière Ebola, en République démocratique du Congo, où il a été identifié pour la première fois en 1976. Il s’agit d’une fièvre hémorragique virale grave, transmise à l’homme par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’animaux infectés, notamment des chauves‑souris dites “fruitières”, et ensuite propagée d’homme à homme par contact avec ces mêmes fluides. L’un des foyers les plus meurtriers de l’histoire de l’homme a eu lieu en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, causant plus de 11 000 décès et poussant l’OMS à déclarer une urgence de santé internationale majeure.

Les symptômes d’Ebola apparaissent typiquement 2 à 21 jours après l’infection, avec une fièvre soudaine, des douleurs musculaires, des maux de tête, de la fatigue, puis peuvent évoluer vers des hémorragies internes et externes, des troubles gastro‑intestinaux sévères, et dans de nombreux cas, un décès rapide en l’absence de prise en charge médicale. Le taux de mortalité peut varier selon les souches, mais il peut atteindre plus de 90% pour certaines formes du virus.

Comment se protéger d’Ebola aujourd’hui ?

Pour limiter les risques d’infection, l’OMS recommande une série de mesures simples mais essentielles :

  • Éviter tout contact direct avec le sang, les sécrétions, les fluides corporels ou les objets souillés par des personnes malades ou décédées du virus.

  • Respecter strictement les mesures d’hygiène des mains (lavage fréquent avec du savon ou une solution hydro‑alcoolique).

  • Protéger les professionnels de santé par l’usage obligatoire d’équipements de protection individuelle (gants, masques, blouses étanches, lunettes de protection) lorsqu’ils prennent en charge des cas suspects.

  • Mettre en place des chaînes de soins sécurisées (isolement des cas, triage rapide, transport adapté) et veiller à l’information précise des populations sur les signes cliniques et les conduites à tenir.

Enfin, plusieurs pays et organismes ont développé des vaccins contre certaines souches d’Ebola, utilisés dans les zones à risque ou lors d’épidémies, en complément des campagnes de sensibilisation et de la formation du personnel local. Ces outils, combinés à une vigilance constante, permettent de transformer Ebola d’une menace quasi incontrolable en une maladie que l’on peut désormais surveiller, contenir et, à terme, enrayer plus efficacement.

 

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