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Paris Fashion Week 2026 : huit créateurs qui redessinent la mode parisienne

La prochaine Fashion Week de Paris mettra à l’honneur une nouvelle génération de créateurs aux univers singuliers. Marie Adam-Leenaerdt, Ellen Hodakova Larsson, Danial Aitouganov, Imruh Asha, Julie Kegels, Paloma Lanna, Alice Vaillant et Kanika Agarwal incarnent une scène parisienne plus libre, plus consciente et résolument tournée vers l’avenir.

La Fashion Week féminine printemps-été 2027 se déroulera du 28 septembre au 6 octobre 2026. Entre défilés et présentations, ces créateurs défendront une vision de la mode fondée sur l’expérimentation, l’artisanat, la durabilité et le plaisir de s’habiller.

Une nouvelle vision de la création

Cette nouvelle génération ne cherche pas uniquement à produire des vêtements spectaculaires. Elle s’interroge également sur la fonction du vêtement, son impact environnemental et sa place dans la société.

Beaucoup de ces créateurs privilégient une croissance progressive, nourrie par les collaborations, les savoir-faire artisanaux et le soutien d’une communauté fidèle. Leur mode se situe souvent entre l’expérimentation artistique et la vie quotidienne, avec des pièces originales mais conçues pour être portées.

Marie Adam-Leenaerdt, l’élégance avec une pointe d’ironie

Marie AdamLeenaerdt automnehiver 20262027

La créatrice belge Marie Adam-Leenaerdt est l’une des figures les plus remarquées de cette nouvelle scène. Diplômée de La Cambre à Bruxelles et passée par les studios de Balenciaga et Givenchy, elle a créé sa marque éponyme en 2022.

Son style associe une construction presque couture à une vraie volonté de confort. Ses vêtements sont sophistiqués, nets et faciles à porter, mais contiennent toujours un détail inattendu. Une pièce peut être réversible, modulable ou jouer avec les proportions.

Marie Adam-Leenaerdt cherche à créer des vêtements qui paraissent essentiels sans jamais devenir ordinaires. Elle s’interroge aussi sur la manière dont les pièces sont fabriquées et sur leur capacité à durer. Sa mode associe ainsi rigueur, humour et réflexion sur la consommation.

Ellen Hodakova Larsson, l’upcycling comme langage

Hodakova automnehiver 20262027

La Suédoise Ellen Hodakova Larsson s’est imposée grâce à une approche originale de l’upcycling. Depuis la création de sa marque Hodakova en 2021, elle détourne des objets et des matériaux pour leur donner une nouvelle fonction vestimentaire.

Chez elle, un blazer peut se porter à l’envers, des tasses en porcelaine peuvent devenir un élément de vêtement et un miroir peut être transformé en accessoire. Cette démarche rappelle l’univers de Martin Margiela, dont elle revendique l’influence.

Ses créations explorent l’identité, la vulnérabilité et la manière dont chacun construit son apparence. Derrière l’aspect spectaculaire de ses pièces se trouve une réflexion sur la transformation et la possibilité de donner une seconde vie aux objets.

Zomer, la mode comme expérience émotionnelle

Zomer automnehiver 20262027

Zomer est le label créé par le designer Danial Aitouganov et le styliste Imruh Asha. Originaires d’Amsterdam, les deux créateurs ont lancé la marque en 2023 à Paris.

Leur univers mêle artisanat, décontraction, couleur et humour. Ils aiment détourner des formes familières et jouer avec les textures afin de rendre les vêtements plus vivants. Leur mode ne cherche pas à imposer une distance entre le créateur et le public.

Pour Zomer, un vêtement doit provoquer une émotion. Il peut susciter l’admiration, la curiosité, la nostalgie ou même une légère surprise. Le duo accorde aussi une grande importance à la communauté qui se forme autour de la marque.

Julie Kegels, entre contrôle et fragilité

Julie Kegels automnehiver 20262027

La créatrice belge Julie Kegels s’est fait remarquer en seulement quelques saisons. Ses collections explorent les différentes facettes de la féminité et jouent sur les contrastes entre élégance, fragilité, contrôle et désordre.

Ses vêtements peuvent se déplacer, se détacher ou révéler progressivement une partie inattendue du corps. Cette construction évolutive traduit sa volonté de considérer le vêtement comme un récit, et non comme un simple produit.

L’artisanat occupe une place importante dans son travail. Julie Kegels étudie la coupe, l’assemblage et la manipulation du tissu afin de donner un sens précis à chaque détail. Elle défend également une production plus lente et plus durable.

Paloma Wool, une mode entre art et communauté

Paloma Lanna

Fondée à Barcelone par Paloma Lanna, Paloma Wool est devenue l’un des labels appréciés par une nouvelle génération de consommateurs. La marque développe un univers à la fois artistique, spontané et légèrement ludique.

Son style repose sur un équilibre entre structure et liberté, sérieux et naïveté, féminin et masculin. La photographie et l’art occupent une place centrale dans l’identité du label, qui conçoit ses boutiques comme des espaces de rencontre et de dialogue.

La marque privilégie une production largement localisée en Espagne afin de maintenir des liens directs avec les artisans. Cette organisation traduit une approche plus responsable, fondée sur le temps, la proximité et la construction progressive d’un univers cohérent.

Alice Vaillant, une mode en mouvement

Alice Vaillant automnehiver 20262027

Alice Vaillant puise une partie de son inspiration dans son ancienne formation de danseuse à l’Opéra de Paris. Pour elle, créer un vêtement ressemble à concevoir une chorégraphie : il faut travailler le rythme, l’équilibre et l’émotion.

Sa marque, fondée en 2020, est connue pour ses silhouettes sensuelles et ses interprétations de la slip dress. La dentelle, les matières nobles et les jeux de déconstruction occupent une place importante dans ses collections.

Alice Vaillant défend une mode capable de durer. Elle considère les vêtements comme des pièces que l’on conserve longtemps, parfois comme des souvenirs. Son approche associe ainsi sensualité, poésie et réflexion sur les conditions de production.

Kanika Agarwal, une voix venue de New Delhi

Installée à Paris, Kanika Agarwal développe une mode profondément personnelle et introspective. La créatrice indienne considère sa marque comme une forme d’autoportrait et conçoit le vêtement comme un espace émotionnel.

Ses collections s’inspirent de ses voyages, de son héritage culturel et de la rencontre entre les savoir-faire indiens et le minimalisme européen. Elle refuse de traiter l’artisanat comme une simple référence historique : pour elle, il fait partie de la vie quotidienne et reste une véritable infrastructure créative.

Son travail interroge également la représentation des femmes de couleur et les échanges entre l’Inde et l’Occident. Kanika Agarwal défend une mode plus inclusive, attentive aux cultures et aux personnes qui participent à sa fabrication.

Une scène parisienne en pleine évolution

Ces huit créateurs ne représentent pas seulement la relève des grandes Maisons. Ils témoignent d’un changement plus profond dans l’industrie de la mode. Leur approche privilégie le sens, la créativité, la durabilité et la relation avec le public.

À l’approche de la Fashion Week de septembre 2026, leurs collections permettront de découvrir une mode plus expérimentale, mais aussi plus humaine. Entre réemploi, artisanat, diversité culturelle et vêtements modulables, cette nouvelle scène parisienne montre que l’avenir de la mode peut être audacieux sans renoncer à la responsabilité.

 

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