À Tabuk, une oasis produisait déjà une céramique reconnue il y a 3 600 ans
Une étude archéologique internationale a révélé que l’oasis de Qurayyah, dans la région de Tabuk, était un important centre de production de céramique colorée à l’âge du bronze.
Les travaux, menés par la Commission du patrimoine saoudien en coopération avec l’Université de Vienne et plusieurs institutions internationales, montrent que cette production possédait une identité visuelle et technique suffisamment forte pour être reconnue et diffusée dans de vastes régions de la péninsule Arabique.
Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique PLOS ONE.ucrisportal.univie.ac+١
Une production ancienne et spécialisée
Les chercheurs ont étudié des fragments et des récipients retrouvés lors des fouilles de Qurayyah.
Ils ont identifié une céramique bicolore présentant des motifs noirs et rouges, des formes récurrentes ainsi que des représentations géométriques, animales et humaines. Les premiers exemplaires de cette production remontent à environ 3 600 ans.
La production aurait atteint son apogée il y a près de 3 200 ans, avant de continuer jusqu’à la fin de l’âge du fer, au milieu du premier millénaire avant notre ère.independent.co+١
Une forme ancienne de marque
L’étude propose une nouvelle lecture de cette céramique.
Les chercheurs estiment que les potiers de Qurayyah avaient développé une véritable identité de production, comparable par certains aspects à une marque commerciale.
Cette interprétation repose sur plusieurs caractéristiques :
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Des motifs facilement reconnaissables.
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Une apparence visuelle constante.
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Des matières premières similaires.
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Des méthodes de fabrication durables.
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Une production organisée dans un même centre.
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Une diffusion des produits loin de leur lieu d’origine.
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Une réputation associée à leur qualité et à leur provenance.
Il ne s’agit pas d’une marque au sens juridique moderne, mais d’un système ancien permettant aux utilisateurs de reconnaître l’origine et les caractéristiques des produits.
Des exportations à longue distance
La céramique de Qurayyah ne se limitait pas au marché local.
Les découvertes indiquent que ses produits ont circulé vers le nord, notamment jusqu’au sud du Levant et à l’Égypte, ainsi que vers des régions situées au nord de la péninsule Arabique.
Cette diffusion montre que les communautés de l’oasis participaient à des réseaux d’échange régionaux. Elle révèle également l’existence de consommateurs capables d’identifier et de rechercher des produits associés à une origine particulière.
La circulation de cette céramique constitue ainsi un indice important de l’intensité des échanges commerciaux dans le nord-ouest de l’Arabie à l’âge du bronze.
Des échanges de savoir-faire
Les habitants de Qurayyah évoluaient dans un environnement où les ressources naturelles étaient limitées.
Pourtant, ils ont développé des compétences spécialisées et entretenu des contacts avec des régions du sud du Levant et de la Syrie.
Les chercheurs estiment que ces échanges ont favorisé la circulation des connaissances techniques. Les artisans de l’oasis ont cependant conservé la capacité d’adapter ces influences et de créer une tradition locale originale.
La céramique de Qurayyah témoigne donc à la fois de contacts avec l’extérieur et d’une forte créativité régionale.
Des analyses scientifiques avancées
L’étude s’est appuyée sur plusieurs méthodes archéologiques et scientifiques.
Les chercheurs ont notamment utilisé :
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La microscopie polarisante.
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L’analyse de la structure des matériaux.
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L’étude de la composition minéralogique.
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L’examen des pâtes et des pigments.
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L’analyse chimique par activation neutronique.
Ces techniques ont permis de comparer les fragments, d’identifier les matières premières et de déterminer plus précisément l’origine des objets.
Elles ont également contribué à remettre en question l’idée selon laquelle cette céramique, autrefois appelée « céramique midianite », provenait principalement d’autres régions.
Qurayyah, un centre de production majeur
Les résultats attribuent désormais à Qurayyah un rôle central dans l’histoire de cette production.
L’oasis apparaît comme un lieu où se sont combinés artisanat spécialisé, innovation technique, organisation de la production et échanges commerciaux.
Cette découverte enrichit les connaissances sur les sociétés anciennes du nord-ouest de la péninsule Arabique, souvent présentées uniquement sous l’angle du commerce ou des déplacements.
Elle montre que ces communautés développaient aussi des produits distinctifs et des savoir-faire capables de s’imposer sur des marchés éloignés.
Un patrimoine de portée internationale
La recherche menée à Qurayyah souligne l’importance du patrimoine archéologique de la région de Tabuk.
Elle met également en évidence le rôle des collaborations entre institutions saoudiennes et universités internationales dans l’étude des sites anciens.
En révélant l’existence d’une identité de production vieille de plus de 3 500 ans, l’étude contribue à mieux comprendre les origines de la fabrication spécialisée, de la réputation des produits et des échanges commerciaux dans l’Arabie ancienne.
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