La plateforme saoudienne « Ich bi-Siha », relevant du ministère de la Santé, a mis en garde contre l’influence possible des vidéos montrant des personnes manger en très grande quantité, un contenu souvent associé au phénomène des mukbang.
Une exposition répétée à ces images peut donner envie de manger même en l’absence de faim réelle. Elle peut ainsi favoriser le grignotage, les prises alimentaires impulsives et une consommation de calories supérieure aux besoins de l’organisme.
La plateforme recommande donc aux utilisateurs de sélectionner attentivement les contenus qu’ils regardent et d’éviter ceux qui stimulent l’appétit de manière excessive.
L’effet des images sur le comportement
Voir des aliments très appétissants, entendre les bruits de mastication ou observer quelqu’un consommer de grandes portions peut agir comme un signal alimentaire.
Ces stimuli peuvent attirer l’attention, provoquer une envie soudaine et pousser certaines personnes à manger sans avoir réellement besoin de nourriture.
Une étude récente sur les contenus de type mukbang montre toutefois que leurs effets peuvent varier selon les publics et le contexte. Chez certaines personnes, ces vidéos peuvent stimuler l’appétit, tandis que les données restent insuffisantes pour affirmer qu’elles provoquent automatiquement une prise de poids chez tous les spectateurs.
Le risque concerne surtout la répétition, l’exposition pendant les repas et l’association entre visionnage, grignotage et commande de nourriture.
Un enjeu particulier pour les enfants
Les enfants et les adolescents sont particulièrement sensibles aux contenus numériques liés à l’alimentation.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos de nourriture sont souvent mêlées au divertissement, aux influenceurs, aux jeux, aux défis et à la publicité. Cette présentation rend parfois difficile la distinction entre un contenu spontané et une promotion commerciale.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que les jeunes sont exposés au marketing des aliments et des boissons à forte teneur en sucre, en sel ou en matières grasses dans de nombreux environnements, notamment sur les réseaux sociaux.
Les publicités intégrées aux vidéos peuvent influencer les préférences des enfants, leurs demandes auprès des parents et leurs choix alimentaires. Une revue systématique portant sur des jeunes de 2 à 18 ans a également trouvé une association entre l’exposition au marketing aliments moins sains et l’augmentation de leur consommation.
Des habitudes alimentaires influencées par les réseaux
L’impact des réseaux sociaux ne se limite pas aux vidéos de repas copieux.
Les enfants peuvent également être exposés à :
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Des publicités pour des boissons sucrées.
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Des promotions de restauration rapide.
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Des produits ultra-transformés.
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Des défis alimentaires.
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Des recommandations d’influenceurs.
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Des contenus associés aux jeux vidéo.
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Des images valorisant des portions excessives.
Cette exposition peut encourager les envies impulsives, le grignotage devant un écran et la consommation d’aliments riches en sucre, en sel ou en matières grasses.
Des travaux récents décrivent les réseaux sociaux comme un environnement susceptible d’amplifier la sédentarité, le marketing alimentaire, les troubles du sommeil et certaines habitudes alimentaires défavorables chez les enfants et les adolescents.
Manger sans avoir faim
L’un des principaux risques est de confondre l’envie déclenchée par une image avec la faim physiologique.
Avant de prendre un aliment après avoir regardé une vidéo, l’enfant peut apprendre à se poser quelques questions :
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Ai-je réellement faim ?
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Quand ai-je mangé pour la dernière fois ?
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Est-ce la vidéo qui m’a donné envie de manger ?
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Puis-je attendre quelques minutes avant de décider ?
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Ai-je envie d’un repas complet ou seulement d’un produit précis ?
Cette pause permet de mieux distinguer la faim, l’habitude, l’ennui et l’envie suscitée par le contenu numérique.
Le rôle des parents
Les parents peuvent aider les enfants à développer une relation plus consciente avec les contenus alimentaires.
Ils peuvent notamment :
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Éviter les vidéos de nourriture pendant les repas.
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Désactiver les notifications et recommandations liées aux aliments.
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Regarder les contenus avec les plus jeunes.
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Expliquer la différence entre divertissement et publicité.
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Ne pas utiliser systématiquement les aliments comme récompense.
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Préparer des collations simples et équilibrées.
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Encourager les repas pris à table, sans écran.
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Fixer des horaires raisonnables pour l’utilisation des réseaux sociaux.
L’objectif n’est pas d’interdire tout contenu lié à la nourriture, mais d’aider l’enfant à le regarder avec recul.
Créer un environnement numérique plus sain
Les plateformes utilisent des systèmes de recommandation qui peuvent proposer davantage de contenus similaires après un visionnage ou une interaction.
Un enfant qui regarde régulièrement des vidéos de nourriture peut donc être exposé à un flux de contenus toujours plus important sur le même thème.
Les parents peuvent utiliser les outils de contrôle disponibles pour limiter certains contenus, régler les paramètres de confidentialité et signaler les publicités inappropriées. L’OMS recommande des politiques de protection couvrant également le marketing numérique, les influenceurs, les jeux et les vidéos en direct.
Des habitudes équilibrées
La prévention de l’obésité infantile ne repose pas uniquement sur le contrôle des écrans.
Elle doit aussi inclure :
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Une alimentation variée.
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Des repas pris à des horaires réguliers.
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Une activité physique quotidienne.
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Un sommeil suffisant.
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Une consommation limitée de boissons sucrées.
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Un accès régulier aux fruits et aux légumes.
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Un dialogue sans culpabilisation autour du poids et de l’alimentation.
Les réseaux sociaux peuvent influencer les préférences et les comportements, mais ils constituent un facteur parmi d’autres. Il est donc préférable d’agir sur l’ensemble de l’environnement de l’enfant.
Une recommandation de vigilance
La plateforme « Ich bi-Siha » invite les utilisateurs à éviter les contenus qui stimulent l’appétit de manière malsaine et à ne pas répondre automatiquement à une envie provoquée par une vidéo.
Chez les enfants, cette vigilance est particulièrement importante. Une utilisation accompagnée des réseaux sociaux, associée à des repas réguliers et à de bonnes habitudes de vie, peut contribuer à limiter l’influence des contenus alimentaires sur leur régime quotidien.
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