La « Mathloutha » : un plat patrimonial du Najd
Le secret de la « Mathloutha » entre tradition et modernité
La « Mathloutha » est considérée comme l’un des plats traditionnels les plus anciens de la région du Najd. Elle se distingue par sa haute valeur nutritive et son histoire profondément enracinée dans la cuisine najdienne. En particulier chez la tribu Subaie, à laquelle revient l’origine authentique de ce mets populaire.
Selon Ayn Al-Hayat, la version originelle diffère totalement de celle servie aujourd’hui dans les restaurants ou lors des célébrations publiques. La Mathloutha traditionnelle du Najd, telle qu’elle était connue chez les Subaie, était offerte à l’invité dans un ordre précis que la tribu respectait strictement : d’abord le bouillon accompagné de dattes, suivi du riz avec le mouton, et enfin le lait. Cet enchaînement faisait partie intégrante des coutumes d’hospitalité de la tribu.
Pourquoi ce nom « Mathloutha » ?
Selon le cheikh Mohammed bin Hiyaf Al-Durm Al-Subaie, l’appellation vient du fait que le plat se compose de trois étapes ou repas successifs : les dattes avec le bouillon, puis le riz et la viande, et enfin le lait.
Il ajoute que ce qui est aujourd’hui appelé « Mathloutha » dans les restaurants et marchés n’a aucun lien avec l’original. Cette version modernisée serait apparue pour la première fois à Riyad, où réside une importante communauté de la tribu Subaie. Et le terme s’est popularisé mais son contenu a changé.
D’autres avis suggèrent que le nom proviendrait de la méthode de présentation du plat. Où les trois ingrédients étaient disposés en couches dans un grand récipient traditionnel appelé « Al-Badia ». Ainsi serait née l’appellation « Badia al-Mathloutha ».
La « Mathloutha » moderne
Aujourd’hui, la Mathloutha populaire servie dans les marchés et restaurants se compose de trois couches principales :
- Première couche (au fond du plat) : le Jareesh, une purée crémeuse de blé concassé cuit à l’eau, parfois enrichi de lait.
- Deuxième couche : le Qursan, des galettes fines de pain trempées dans un bouillon de viande ou de légumes, cuites avec des oignons et de la viande pour une saveur riche.
- Troisième couche (supérieure) : le riz blanc, accompagné de viande ou de poulet, selon les préférences.
Ainsi, bien que la Mathloutha moderne ait divergé de son origine najdienne ancestrale, elle reste l’un des plats les plus emblématiques d’Arabie Saoudite, alliant héritage culinaire et goût populaire contemporain.
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