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Comment gérer un enfant agressif… Conseils d’experts en psychologie

Bien que nous les aimions, il arrive parfois que nos enfants rendent notre vie difficile. Entre disputes, malentendus et provocations, il est parfois compliqué d’ouvrir un dialogue avec eux.

La relation entre les parents et les enfants traverse de nombreuses turbulences à plusieurs reprises. Entre colère et disputes, il n’est pas toujours facile de comprendre son enfant. Cependant, bien que les conflits puissent parfois être nécessaires, ils créent une atmosphère tendue et génèrent des émotions inconfortables.

Voici la phrase à dire à votre enfant après une dispute | Parents.fr

Pourquoi nous disputons-nous avec notre enfant ? Pourquoi mon enfant est-il agressif avec moi ?

Il est facile de se retrouver en conflit avec son enfant pour des raisons insignifiantes, que ce soit à l’enfance ou à l’adolescence. Parfois, il est difficile de le comprendre, et la situation peut rapidement dégénérer à cause d’une mauvaise communication, de mots blessants ou de provocations. Il existe de nombreuses raisons qui mènent aux disputes, qu’elles soient internes ou externes à la famille, et celles-ci varient selon l’âge de l’enfant.

Durant les premières années de vie, notre enfant commence à prendre conscience de lui-même, réalisant qu’il est une personne indépendante. C’est la période de la « terrible taos » qui survient entre 18 et 24 mois. Pendant cette phase, l’enfant ressent un besoin intense d’indépendance et essaie constamment de dépasser les limites que nous lui imposons. Mais, malgré son désir de tout faire seul, il reste encore incapable de le faire. Comme nous souhaitons le protéger, étant donné qu’il est encore petit, nous l’empêchons souvent de nombreuses choses. Cela peut entraîner frustration, incompréhension, et d’autres émotions.

Face à cette opposition continue, notre enfant peut s’opposer à tout, et des crises de colère sans précédent peuvent éclater. Il peut commencer à crier, pleurer ou frapper, simplement parce qu’il n’a pas pu éplucher une banane tout seul, ou parce qu’on a attaché ses chaussures, ou encore parce qu’on a appuyé sur le bouton de l’ascenseur alors qu’il voulait le faire lui-même. Une crise peut survenir à tout moment. Pourquoi ? Parce que son cerveau n’est pas encore assez mature pour gérer toutes ces émotions.

Et après la « terrible taos » ? Restons-nous toujours des figures de référence pour l’enfant ?

Même lorsque les enfants grandissent et apprennent progressivement à gérer leurs émotions, qu’elles soient positives ou négatives, cela ne se fait pas en quelques jours. C’est un processus long qui nécessite l’aide des parents comme soutien principal. En tant que figures de référence majeures, les parents sont les mieux placés pour aider leurs enfants à construire leurs émotions et leurs sentiments. Il est probable que notre enfant refuse d’écouter ou s’oppose simplement parce qu’il essaie de s’affirmer ou qu’il apprend à exprimer ses émotions. Bien sûr, cela peut être maladroit, mais il faut se rappeler qu’il est encore incapable de contrôler ce qui se passe dans son esprit.

Si notre enfant continue de se comporter de manière agressive, voire violente, et que ce comportement persiste ou s’aggrave avec le temps, cela peut être un signe qu’il traverse des difficultés dans sa vie quotidienne. Dans ce cas, il est important de comprendre les raisons de son comportement pour l’aider. Il peut se sentir rejeté parce que nous portons plus d’attention à un nouveau-né, ou peut-être ses résultats scolaires sont mauvais à cause du harcèlement scolaire où nous vivons une période de divorce, ou encore la situation familiale est tendue ou pleine de conflits. « L’enfant peut se sentir ignoré, et certaines de nos paroles peuvent être très blessantes pour lui », ajoute l’experte en psychologie. Ainsi, son agressivité peut être un moyen d’attirer l’attention, une expression de son besoin de reconnaissance, ou un mécanisme de défense pour se protéger, ou encore une réaction légitime à un modèle familial où la violence est constamment présente.

La Violence Educative Ordinaire (VEO) selon Catherine Gueguen - Les pros de  la petite enfance

Les effets secondaires de la violence éducative ordinaire (VEO) :

Il est important de rappeler que frapper, gifler, humilier, menacer ou même punir un enfant ne favorise pas son comportement ni son développement. Au contraire, ces actes ont des effets négatifs considérables sur sa santé physique et mentale. Selon l’Association « Stop à la violence éducative ordinaire », cela augmente le risque de développer des problèmes psychologiques (tels que l’anxiété ou la dépression) et des maladies physiques comme des troubles cardiaques, immunitaires ou cancéreux, en plus du risque de comportements agressifs ou de souffrance psychologique.

Comment gérer une dispute ?

Il est souvent difficile de faire face au refus constant de l’enfant. Quand chaque réponse à nos questions est « non », il est difficile de rester calme. Cependant, lorsque nous sentons qu’une crise de colère va éclater, nous devons essayer de ne pas nier les sentiments de l’enfant. N’oublions pas que ce qui se passe dans son cerveau et son corps est un tourbillon d’émotions qu’il lui est difficile de comprendre ou de gérer. En nommant ses émotions et en faisant preuve de compréhension, nous pouvons l’aider à mieux gérer ses sentiments.

Rester calme et communiquer est la solution.

« Quand nous restons calmes, nous pouvons discuter », il peut être utile d’expliquer à notre enfant pourquoi nous avons choisi de l’empêcher de faire quelque chose, pourquoi nous n’avons pas fait autre chose, et ainsi de suite. En somme, il est important d’expliquer nos attentes et les limites que notre enfant ne peut pas franchir. « Un enfant, dans la phase du « non », a besoin de limites pour pouvoir se construire. » En effet, il est essentiel de fixer des règles et de s’y tenir. Un cadre rassure l’enfant et lui permet de grandir en se sentant en sécurité.

Si notre enfant montre de l’agressivité, voire de la violence, nous devons lui faire comprendre calmement mais fermement que ce comportement n’est pas acceptable. En lui montrant qu’il existe d’autres moyens de s’exprimer et que nous aussi pouvons adopter un comportement calme en cas de désaccord, il apprendra que l’agression n’est pas la bonne réponse.

Nous pouvons lui proposer de choisir entre deux solutions qui nous conviennent parfaitement. Par exemple : « Tu préfères ranger tes jouets maintenant ou après le bain ? » Un faux choix qui pourrait nous aider à résoudre le conflit plus rapidement.

Si nous réussissons à garder notre calme, nous pouvons essayer de détourner l’attention de l’enfant avant que la crise ne s’intensifie, afin de réduire l’intensité de la colère. Nous pourrions lui proposer une petite collation, lui montrer un objet, ou lui chanter une chanson, l’important étant qu’il ne pense plus à ce qui le frustrait initialement.

Si notre enfant est suffisamment grand et qu’une dispute sur un sujet plus sérieux éclate, il est aussi possible de le consulter pour trouver ensemble une solution. Si la solution proposée n’est pas réalisable, nous pouvons toujours chercher un compromis.

Le sentiment de culpabilité parentale | Mamanpourlavie.com

Relation parent-enfant : ne pas culpabiliser

Bien sûr, cela est plus facile à dire qu’à faire. L’idée est de tenter le plus souvent possible. Personne n’est parfait, alors ne culpabilisons pas trop si nous avons réagi de manière excessive. De plus, si nous avons crié après notre enfant, pensons à nous excuser une fois la crise passée, afin que notre enfant comprenne que ce n’est pas ainsi qu’il faut s’adresser aux autres.

De même, évitons de culpabiliser notre enfant pour ce qu’il ressent, car « gérer ses émotions, c’est difficile pour un enfant », affirme l’experte en psychologie.

Avec de l’expérience, nous apprendrons à repérer les futures crises et à aider notre enfant à maîtriser sa colère de manière plus efficace. Mais ce n’est pas une raison pour les éviter ! Parfois, un peu d’autorité et un rappel des règles peuvent être bénéfiques.

En conclusion, si nous ne parvenons pas à gérer correctement les crises, si nous nous sentons dépassés ou trop fatigués, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé, un médecin, un pédiatre ou un psychologue pour nous aider à traverser cette période difficile.

 

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